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La mission divine d'Écône

La mission divine d'Écône

L'enseignement patristique des six âges du monde et la fin des temps.


Lettre à Mgr Fellay

Publié par Simon ANDRE sur 7 Juillet 2017, 11:09am

J'avais envoyé la lettre suivante à Mgr Fellay le 20 juin 2017; j'ai reçu sa réponse aujourd'hui.

Dans sa réponse très courte, il ne distingue pas entre les deux problèmes abordés: rapports pendant les menstruations et rapports superflus; il dit simplement que mon étude n'est pas conforme au Magistère de l'Église, qui prime sur l'avis de "théologiens particuliers". Laurent Morlier n'avait pas non plus répondu spécifiquement au problème des rapports pendant les règles.

Quelques remarques s'imposent:

1/ tout indique donc que les prêtres FSSPX croient qu'il n'y a aucun péché même véniel à désirer l'acte conjugal jusque pendant les règles, ce qui est très grave, beaucoup plus encore que l'erreur laxiste sur les rapports superflus.

2/ mon étude n'est pas constituée principalement de "l'avis de théologiens particuliers"; je cite un acte qui appartient incontestablement au Magistère (la Bulle d'Innocent XI) et suffit à prouver que j'ai raison en considérant le contexte historique (ce sont les Lovanistes qui sont à l'initiative de la condamnation d'Innocent XI, donc la condamnation s'entend dans le sens de leur enseignement), et je cite les plus hautes autorités dans l'Eglise: Docteurs de l'Eglise (dont le Pape St Grégoire le Grand), Saints Pères, Maître des Sentences, etc. La réponse de Mgr Fellay est donc malhonnête, car elle parle de "l'avis de théologiens particuliers". Or, le bienheureux Innocent XI, St Grégoire le Grand, St Augustin, St Thomas, et les autres autorités, ne sont pas de simples "théologiens particuliers".

3/ comment s'étonner que la FSSPX connaisse autant de dissensions internes avec une théologie aussi bancale? Cette même théologie bancale les a également portés à nier la survie de Paul VI, et ils sont maintenant châtiés par Dieu avec toutes les dissensions internes qu'ils connaissent et l'obscurité qu'ils doivent traverser... Des prêtres de chez eux souffrent énormément et certains sont forcés de partir.

4/ la FSSPX sera obligée de reconnaître la vérité suite au retour du vrai Pape, aussi bien en matière d'ecclésiologie que de morale conjugale. La Catéchèse du Père Barbara devra être censurée afin d'ôter les passages scandaleux contraires à la doctrine de l'Église en ce qui concerne la morale conjugale, les conseils évangéliques, et même les enfants morts sans baptême (le Père Barbara a eu des propos ambigus laissant entendre qu'il était possible qu'une femme obtienne le baptême de son enfant avant sa naissance en le désirant à sa place).

L'historien Alfred Denoyelle a produit une critique assez virulente et très intéressante contre le travail du Père Barbara, à ceci près que je ne suis pas d'accord avec ce qu'il dit sur la modestie et il ne parle pas de la morale conjugale.

http://users.skynet.be/histcult/catchmari.htm

 

Lettre du 20 juin 2017

 

Le mardi 20 juin 2017,

 

Monseigneur,

Je vous écris pour vous avertir d’un grave problème de morale au sein de la FSSPX (et au-delà : FSSP, sédévacantistes, etc.) : les époux ignorent qu’il y a péché mortel à user du mariage pendant les menstruations. Or, le Pape Grégoire III imposait 40 jours de pénitence au mari qui s’approchait de sa femme pendant les menstruations (Judicia. art 25. tom 6. Concil.). Comme on le lit dans la Théologie Morale de St Alphonse de Liguori, St Thomas, St Bonaventure et beaucoup d’autres théologiens surtout anciens affirmaient que cela était un péché mortel, car dans le chapitre 18 du Lévitique, Dieu reproche aux païens d’avoir usé du mariage pendant les règles, qualifie cela d’infamie exécrable, range ce péché au côté des incestes les plus abominables, et affirme que les païens ont été vomis de leur pays à cause de cela. Les païens n’étaient pas astreints à la loi mosaïque ; donc cette interdiction est morale et irrévocable. St Augustin enseigne sans réfutation possible que le chapitre 18 du Lévitique est fait de préceptes moraux toujours valables sous la Nouvelle Alliance, et non simplement de préceptes cérémoniaux et judiciaires qui seraient abrogés. Mais cela paraît trop difficile à comprendre pour l’esprit tordu d’innombrables catholiques d’aujourd’hui, qui poussent la folie jusqu’à prétendre légitimer l’usage du mariage pendant les règles en s’appuyant sur le discours de Pie XII aux sages-femmes ! Mais le Pape Pie XII n’a jamais légitimé les rapports pendant les règles ; il a seulement parlé des périodes infécondes en général. Aucun Pape ne pourra d’ailleurs jamais contredire la Bible, et la pratique pénitentielle de Grégoire III prouve assez que c’est un péché, sans compter les arguments énumérés plus hauts qui démontrent que c’est mortel.

Ensuite, les prêtres et laïcs s’aveuglent sur le sens de la condamnation de l’erreur suivante par Innocent XI : « Denzinger 2109 9.- L’acte du mariage accompli seulement pour le plaisir est dénué de toute faute vénielle. » En effet, c’est à l’initiative des Lovanistes que les 65 propositions de morale laxiste ont été condamnées par Innocent XI (voir l’article « le Saint-Office et le probabilisme » de l’agrégé en histoire Jean-Louis Quantin), et c’est donc selon leur enseignement qu’il faut entendre cette condamnation. Or, les Lovanistes suivaient « le rigorisme augustinien » en « voyant un péché véniel jusque dans l’usage du mariage comme remède à la concupiscence » (citations de Jean-Louis Quantin). Par ailleurs, comme on le constate en lisant par exemple le livre de Mgr Bouvier (dissertatio in sextum decalogi praeceptum et supplementum ad tractatum de matrimonio), les meilleurs docteurs et théologiens ont toujours enseigné la même chose : St Augustin, St Thomas, St Grégoire le Grand, St Fulgence, Pierre Dens, etc. J’ai cité abondamment les plus grandes autorités dans mon livre « la Sainteté du Mariage ». Mais le site web « jesusmarie.free.fr » a édité un livre intitulé « Sexe Catholique – le permis et le défendu », téléchargé plus de 90 000 fois, qui ne reprend qu’en partie le livre de Mgr Bouvier, c’est-à-dire en censurant toute l’argumentation des saints Docteurs et des meilleurs théologiens pour ne conserver que l’argumentation erronée des théologiens laxistes.

Ces éléments prouvent de manière irréfutable que les prêtres et fidèles ne peuvent en aucune manière s’appuyer sur les encycliques des Papes, sur leurs allocutions ou que sais-je encore, pour légitimer l’usage du mariage pendant les règles et excuser de tout péché même véniel les rapports superflus à la conservation de l’espèce. D’ailleurs, la tempérance consistant à user des plaisirs suivant les nécessités de la vie, personne ne peut nier que les rapports conjugaux superflus à la conservation de l’espèce sont des péchés d’intempérance (toujours au moins pour celui qui demande le devoir), car la sexualité est nécessaire à la conservation de l’espèce et non à l’individu (voir Somme de St Thomas). Il est donc fort étonnant de voir autant de prêtres et théologiens se tromper (aujourd’hui presque tous) en la matière, à l’exemple de l’Abbé Vittrant qui prétendait que les fins secondaires légitiment à elles-seules l’usage du mariage, ce qui est faux, car elles sont subordonnées à la fin première, de telle sorte que l’acte matrimonial n’est exempt de tout péché que quand on le désire autant que l’exige la conservation de l’espèce et pas plus.

Les personnes mariées doivent être averties de tout cela, car l’usage du mariage pendant les règles les mène en Enfer, et nul ne peut ignorer la loi naturelle au point d’être excusé d’un tel péché mortel, puisque Dieu a condamné des païens pour cela (Lévitique 18), et ils bénéficiaient de beaucoup moins de grâces que nous… Quant aux rapports superflus, il est particulièrement cruel de les aveugler en leur faisant croire qu’ils se sanctifient avec cela, car ils multiplient les péchés sans se rendre compte qu’ils amassent des peines considérables de Purgatoire (dizaines ou centaines d’années), sans parler de l’Enfer pour ceux dont l’intempérance franchit les bornes du tolérable (rapports pendant les règles, pratiques défendues, etc.)

« Celui qui est fidèle dans les moindres choses, est fidèle aussi dans les grandes ; et celui qui est injuste dans les moindres choses, est injuste aussi dans les grandes. » (Luc 16:10)

On voit même des traditionalistes prétendre que les époux ont le droit de faire ce qu’ils veulent en préparation de l’acte conjugal tant que l’acte conjugal est ouvert à la vie en conclusion !

Face à cette situation, il faut absolument censurer les mauvais passages du Père Barbara (voir mon livre), que ce soit sur l’usage du mariage ou sur la vocation. Le Père Barbara donne une vision de la sexualité qui est fausse et contraire à l’enseignement des saints Docteurs. Ces derniers enseignent qu’il n’y a rien de pire pour l’âme que la sexualité (la sexualité nuit à la raison), si bien qu’il faut l’excuse de la conservation de l’espèce pour être exempt de tout péché en désirant l’acte conjugal. Quand on dépasse ce qui est nécessaire à la conservation de l’espèce, il n’y a plus d’excuse suffisante pour être exempt de tout péché même véniel.

St Thomas commente St Paul ainsi : « Dans ce sens, l’indulgence s’applique au devoir conjugal, en tant qu’il porte avec lui une faute vénielle, en raison des biens attachés au mariage, sans lesquels elle serait mortelle. » (Commentaire de la première épître aux Corinthiens)

St Augustin : « Garder la continence, c’est l’état le plus parfait ; rendre le devoir conjugal est une chose permise ; l’exiger en dehors des nécessités de la génération, c’est un péché véniel. » (Le Bien du Mariage)

A cause du laxisme des prêtres, beaucoup de fidèles n’ont même plus conscience du fait que le célibat même laïc est supérieur au mariage. Le Concile de Trente est pourtant clair : il ne précise pas « le célibat consacré », mais parle du célibat en général.

« Si quelqu’un dit que l’état du mariage est au-dessus de la virginité ou du célibat, et que ce n’est pas mieux ou plus saint de garder la virginité ou le célibat que d’être uni dans le mariage ; qu’il soit anathème. » (Session 24, dixième canon)

L’Abbé Knittel s’est montré très présomptueux et malhonnête en me qualifiant de novateur concernant les rapports superflus ; j’ai au contraire prouvé que ce sont les prêtres d’aujourd’hui qui enseignent une erreur laxiste, tandis que les prêtres jusqu’en 1850 environ étaient globalement bien meilleurs (voir les conférences ecclésiastiques de Paris dans mon livre par exemple) et exhortaient les époux à la continence. L’Eglise a toujours blâmé l’intempérance des époux :

Saint Bède, Docteur de l’Eglise : « L’homme marié s’abstiendra de relations conjugales 40 jours avant Noël et Pâques ; de même, les dimanches, le mercredi et le vendredi. Il s’abstiendra aussi depuis le début de la grossesse de sa femme jusqu’au trentième jour après la naissance -si c’est un garçon- ou jusqu’au quarantième jour après la naissance, si c’est une fille. De même, durant les règles. Celui qui contrevient à cette continence périodique jeûnera 40 jours ; s’il enfreint la continence dominicale, 7 jours. »

Il est grand temps que les époux qui ont usé du mariage pendant les règles fassent au moins une confession générale partielle pour réparer tous leurs sacrilèges contre le sacrement de confession et le Corps du Christ. 

Daigne, Votre Excellence, agréer l’expression de ma très respectueuse considération.

Lettre à Mgr Fellay

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