Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La mission divine d'Écône

La mission divine d'Écône

L'enseignement patristique des six âges du monde et la fin des temps.


Théologie du Rev. Léonard Van Roy

Publié par Simon ANDRE sur 25 Juin 2017, 14:50pm

J'ai traduit du latin au français un passage de la théologie morale du Rev Léonard Van Roy (1702)

CITATION DE LA THEOLOGIE MORALE DE LEONARD VAN ROY

Si, et comment l'acte conjugal est licite?

Affirmation 1. L'acte conjugal est licite en lui-même moyennant la finalité légitime, à savoir la procréation des enfants.

Preuve 1. Parce que le mariage a été au commencement ordonné et institué par Dieu pour la procréation des enfants, selon la Genèse Croissez et multipliez.

Preuve 2. L'apôtre dit en 1 Co 7: "Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et pareillement la femme à son mari" et "Si pourtant tu épouses une femme, tu ne pèches pas."

Objection 1. L'apôtre en 1 Co 7 concède l'usage du mariage par indulgence, c'est-à-dire, sous forme de pardon, un pardon qui dénote une faute, comme l'enseigne St Augustin dans le livre du péché originel, chapitre 38.

Réponse. L'apôtre se réfère à l'acte conjugal qui n'est pas exercé seulement pour la finalité légitime, mais pour la seule volupté, ou simplement pour éviter l'incontinence.

Objection 2. La concupiscence est associée à l'acte conjugal

Réponse. Quand l'acte conjugal est exercé suivant la finalité légitime, la concupiscence n'est pas désirée; pour une cause juste et raisonnable, à savoir la procréation d'enfants, l'acte est licite, et alors ni l'acte, ni l'agent ne sont entachés de péché.

Affirmation 2. Connaître son épouse pour la seule volupté est un péché véniel au moins.

Preuve 1. Sermon n°51 de St Augustin, chapitre 12: "N'y a-t-il pas péché à exiger au delà de ce qui est nécessaire à la procréation des enfants ? C'est un péché, mais véniel." Et dans Accord entre les évangiles, livre second, chapitre 1: "l'acte charnel dont on ne doit faire usage que pour avoir des enfants."

Denis, livre 1 du Mariage, chapitre 15. L'oeuvre charnelle, en laquelle on cherche la volupté de la copulation, mais pas au-delà du mariage, comporte un péché véniel. C'est la doctrine de St Augustin citant l'Apôtre, qui dit, par indulgence, je vous permets de revenir ensemble, c'est-à-dire de vous unir pour éviter l'incontinence. Par indulgence, ce St Père entend tolérance, pardon. Et livre du péché originel, chapitre 38 (43 dans la version française): "Puisque l'Apôtre parle d'indulgence ou de pardon, ne dévoile-t-il pas une faute?"

Preuve 2. Car la concupiscence, étant désordonnée et contraire à l'esprit de la loi, ne doit pas être désirée en elle-même, et c'est illicite de s'en accommoder.

Preuve 3. Car l'acte conjugal est naturellement ordonné à la procréation des enfants, et doit nécessairement être rapporté à cette fin.

Objection 1. Le mariage est aussi ordonné comme remède à la concupiscence.

Réponse. Distinguons les suppositions; si vous entendez que le mariage prévient efficacement ce vers quoi la concupiscence nous incline, par exemple, la fornication etc., d'accord: mais si vous affirmez que le remède à la concupiscence est la fin du mariage (Note de Simon: ce n'est pas la fin véritable, pour reprendre le terme du Catéchisme du Concile de Trente), nous ne sommes pas d'accord.

Objection 2. La volupté est annexée par Dieu à l'acte conjugal comme à la consommation de nourriture et de boisson.

Réponse. Le plaisir sensible, considéré en lui-même, n'est pas un mal, mais on ne peut pas le désirer en définitive pour lui-même.

Ajoutez à cela que la convoitise, l'absence de retenue et la concupiscence associées à l'acte conjugal sont un mal, qui ne vient pas de Dieu mais du Diable, comme l'inculque St Augustin.

Objection 3. Il en résulte qu'il n'est pas licite d'exercer l'acte conjugal en partie pour la procréation et en partie pour la convoitise.

Réponse: je l'admets totalement: et c'est évident dans la doctrine de Saint Augustin, chapitre 11 du Bien du Mariage: "Ce n'est donc pas le mariage sous forme de pardon que l'Apôtre permet; quelle absurdité de dire que ceux à qui l'on accorde le pardon n'ont pas péché! Ce qu'il accorde sous forme de pardon ou d'indulgence, ce sont ces relations matrimoniales qui se font par incontinence, non pas pour le seul motif de la génération, etc."

En voici la raison: quiconque exerce l'acte conjugal de la sorte, cède et s'accommode à la convoitise, qui est un mal, comme le dit St Augustin dans cette citation: "Il n'y a de permises et de vraiment matrimoniales que les relations nécessaires pour procurer la génération. Tout ce qui se fait en dehors de cette nécessité est inspiré, non plus par la raison, mais par la passion." (chapitre 10 du Bien du Mariage)

Objection 4. L'acte conjugal est licite pour les vieillards et les personnes stériles.

Réponse. Distinguons les suppositions; c'est licite pour la partie qui rend le devoir, je le concède, mais pour la partie qui le demande, je le nie: car dans ce cas, on ne peut pas désirer la procréation des enfants, on prive l'acte conjugal de sa finalité légitime et on suit sa concupiscence. Voir Saint Augustin, première réponse contre Julien, livre 3, chapitre 21: "et si cette pudeur conjugale jouit de forces assez grandes et d'une grâce de Dieu assez puissante pour assurer l'accomplissement des lois du mariage, n'a-t-elle pas à soutenir de redoutables assauts pour se priver toujours de tout ce qui n'est pas nécessaire à la génération des enfants? Arrivée à ce degré de perfection, elle sait respecter les infirmités mensuelles, les embarras de la gestation, et toute impuissance résultant d'un âge trop avancé."

Contre-argument 1. Et si les vieillards ou les stériles exercent l'acte conjugal pour éviter l'incontinence?

Réponse. C'est suivre sa concupiscence, priver l'acte conjugal de sa fin légitime et commettre le péché véniel. Saint Augustin, Enchiridion 78: "On pourrait penser que ce n'est pas un péché pour un couple marié d'avoir un rapport conjugal, non seulement pour la procréation d'enfants -qui est le bien du mariage- mais aussi en vue du plaisir charnel lui étant associé. Ainsi, ceux dont la maîtrise d'eux-mêmes est faible pourraient éviter la fornication, ou l'adultère, et d'autres sortes d'impuretés trop honteuses à nommer, dans lesquelles leur convoitise pourrait les emporter par la tentation de Satan. En conséquence, on pourrait, comme je l'ai dit, penser que ce n'est pas un péché, si l'apôtre n'avait pas ajouté, "MAIS JE DIS CELA PAR CONCESSION, NON PAR COMMANDEMENT" (HOC AUTEM DICO SECUNDUM VENIAM, NON SECUNDUM IMPERIUM) Qui, ensuite, niera que c'est un péché tout en admettant que l'autorité apostolique pour faire cela n'est donnée que par "concession"?"

Contre-argument 2. Eviter la fornication est rationnel.

Réponse. Distinguons les suppositions: c'est rationnel, si l'on emploie des moyens rationnels, je l'admets; si c'est par des moyens illégitimes, comme dans notre cas, je le nie.

Contre-argument 3. Par conséquent, les vieillards ne peuvent accéder légitimement au mariage?

Réponse. Distinguons les conséquences; qu'ils ne puissent pas se marier licitement en souhaitant vivre dans la chasteté, je le nie, mais s'ils désirent avoir un commerce charnel, je l'admets: c'est un péché véniel.Saint Augustin fait cette même distinction, le Bien du Mariage, chapitre 3: "L'honorabilité du mariage ne résulte pas seulement de la procréation des enfants, mais encore du besoin naturel à des sexes différents de faire entre eux société. Autrement le mariage ne serait pas convenable entre vieillards"

Contre-argument 4. Il est licite de rendre le devoir conjugal pour éviter l'incontinence du conjoint; il est donc licite de le demander pour éviter sa propre incontinence.

Réponse. Je rejette la conclusion, car celui qui rend le devoir exigé, exerce un acte de justice, auquel il est tenu, l'époux ni l'épouse n'ayant pouvoir sur leur propre corps, et cela est permis du fait de la convoitise et l'incontinence de l'autre partie, qui exige le devoir conjugal pour éviter sa propre incontinence, et ainsi, cède et s'accommode à sa propre concupiscence; il peut par la grâce de Dieu éviter sa propre incontinence par d'autres moyens.

La solution se trouve dans St Augustin, le Bien du Mariage, chapitre 6: "les époux s'appartiennent aussi comme remède à la faiblesse de la chair, et se trouvent l'un à l'égard de l'autre, dans une sorte de servitude...Voilà pourquoi l'épouse n'a point puissance sur son corps, il appartient au mari; de même celui-ci n'est plus le maître de son corps, c'est la femme" et "le devoir conjugal, quand il a pour but la génération, n'est point une faute; accompli uniquement pour satisfaire la concupiscence, mais entre époux, en gardant la fidélité conjugale et dans la mesure du devoir, il n'excède pas le péché véniel."

Contre-argument 5. Si le conjoint pèche en demandant le devoir conjugal pour éviter sa propre incontinence, il n'est pas plus licite pour l'autre partie de rendre le devoir, comme de rendre une épée à un furieux, qui attaque de nouveau (note de Simon: le théologien compare ici la moralité conjugale avec un cas classique de théologie morale: faut-il rendre par devoir de justice son épée à un homme furieux, même s'il risque d'en faire mauvais usage?)

Réponse. Je rejette la conclusion, car rendre une épée à un furieux génère plusieurs inconvénients, par rapport au fait de ne pas la rendre; par exemple blesser ou tuer des innocents: tandis que rendre le devoir conjugal au mari incontinent, permet d'éviter plusieurs inconvénients majeurs, par rapport au fait de ne pas le rendre; car alors le mari ne commet qu'un péché véniel en s'unissant à sa femme, tandis que s'il tombait accidentellement dans l'adultère, ce serait un péché énorme.

Objection ultime. St Augustin, Sermon 159 ou 17 VDA chapitre 2, dit que les époux peuvent se délecter licitement de l'embrassement (l'acte conjugal).

Réponse. Cela est vrai, moyennant que la concupiscence ne soit pas désirée; la délectation est permise lorsque l'acte conjugal se rapporte seulement à la procréation des enfants. Ajoutons que la délectation de l'acte conjugal n'est pas un mal, tant qu'elle est dans la mesure, mais la concupiscence est contraire à la raison, s'oppose à l'esprit de la loi et s'y attacher est interdit.

Ainsi, la délectation sensible n'est pas un mal en soi, tant qu'elle ne comporte rien de mauvais et de désordonné.

FIN DE CITATION

Théologie du Rev. Léonard Van Roy

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents