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La mission divine d'Écône

La mission divine d'Écône

L'enseignement patristique des six âges du monde et la fin des temps.


Lettre ouverte aux évêques et prêtres

Publié par Simon ANDRE sur 17 Juin 2017, 18:30pm

Voici une lettre ouverte à tous les évêques et prêtres

Monseigneur/Mon Père,

Je vous écris pour vous avertir d’un grave problème de morale: les époux catholiques ignorent qu’il y a péché mortel à user du mariage pendant les menstruations. Or, le Pape Grégoire III imposait 40 jours de pénitence au mari qui s’approchait de sa femme pendant les menstruations (Judicia. art 25. tom 6. Concil.). Comme on le lit dans la Théologie Morale de St Alphonse de Liguori, St Thomas, St Bonaventure et beaucoup d’autres théologiens surtout anciens affirmaient que cela était un péché mortel, car dans le chapitre 18 du Lévitique, Dieu reproche aux païens d’avoir usé du mariage pendant les règles, qualifie cela d’infamie exécrable, range ce péché au côté des incestes les plus abominables, et affirme que les païens ont été vomis de leur pays à cause de cela. Les païens n’étaient pas astreints à la loi mosaïque ; donc cette interdiction est morale et irrévocable. St Augustin enseigne sans réfutation possible que le chapitre 18 du Lévitique est fait de préceptes moraux toujours valables sous la Nouvelle Alliance, et non simplement de préceptes cérémoniaux et judiciaires qui seraient abrogés. Cela paraît trop difficile à comprendre pour l’esprit tordu d’innombrables catholiques d’aujourd’hui, qui poussent la folie jusqu’à prétendre légitimer l’usage du mariage pendant les règles en s’appuyant sur le discours de Pie XII aux sages-femmes ! Mais le Pape Pie XII n’a jamais autorisé les rapports pendant les règles ; il a seulement parlé des périodes infécondes en général. Aucun Pape ne pourra d’ailleurs jamais contredire la Bible, et la pratique pénitentielle de Grégoire III prouve assez que c’est un péché, sans compter les arguments énumérés plus hauts qui démontrent que c’est mortel.

Ensuite, les prêtres et laïcs s’aveuglent sur le sens de la condamnation de l’erreur suivante par Innocent XI : « Denzinger 2109 9.- L’acte du mariage accompli seulement pour le plaisir est dénué de toute faute vénielle. » En effet, c’est à l’initiative des Lovanistes que les 65 propositions de morale laxiste ont été condamnées par Innocent XI (voir l’article « le Saint-Office et le probabilisme » de l’agrégé en histoire Jean-Louis Quantin), et c’est donc selon leur enseignement qu’il faut entendre cette condamnation. Or, les Lovanistes suivaient « le rigorisme augustinien » en « voyant un péché véniel jusque dans l’usage du mariage comme remède à la concupiscence » (citations de Jean-Louis Quantin). Par ailleurs, comme on le constate en lisant par exemple le livre de Mgr Bouvier (dissertatio in sextum decalogi praeceptum et supplementum ad tractatum de matrimonio), les meilleurs docteurs et théologiens ont toujours enseigné la même chose : St Augustin, St Thomas, St Grégoire le Grand, St Fulgence, Pierre Dens, etc. J’ai cité abondamment les plus grandes autorités dans mon livre « la Sainteté du Mariage » (disponible sur gloria.tv ou sur lulu.com).

Ces éléments prouvent de manière irréfutable que les prêtres et fidèles ne peuvent en aucune manière s’appuyer sur les encycliques des Papes, sur leurs allocutions ou que sais-je encore, pour légitimer l’usage du mariage pendant les règles et excuser de tout péché même véniel les rapports superflus à la conservation de l’espèce. D’ailleurs, la tempérance consistant à user des plaisirs suivant les nécessités de la vie, personne ne peut prétendre que les rapports conjugaux superflus à la conservation de l’espèce ne sont pas des péchés d’intempérance (pour le conjoint qui désire le rapport superflu, ou les deux s'ils le désirent tous deux), car la sexualité est nécessaire à la conservation de l’espèce et non à l’individu (voir Supplément à la Somme Théologique de St Thomas, question 64). Il est donc fort étonnant de voir autant de prêtres et théologiens se tromper (aujourd’hui presque tous) en la matière, à l’exemple de l’Abbé Vittrant qui prétendait que les fins secondaires légitiment à elles-seules l’usage du mariage, ce qui est faux, car elles sont subordonnées à la fin première, de telle sorte que l’acte matrimonial n’est exempt de tout péché que quand on en use autant que l’exige la conservation de l’espèce et pas plus.

Les personnes mariées doivent être averties de tout cela, car l’usage du mariage pendant les règles les mène en Enfer, et nul ne peut ignorer la loi naturelle au point d’être excusé d’un tel péché mortel, puisque Dieu a condamné des païens pour cela (Lévitique 18), et ils bénéficiaient de beaucoup moins de grâces que nous… Quant aux rapports superflus, il est particulièrement cruel d'aveugler les époux en leur faisant croire qu’ils se sanctifient avec cela, car ils multiplient les péchés sans se rendre compte qu’ils amassent des peines considérables de Purgatoire (dizaines ou centaines d’années), sans parler de l’Enfer pour ceux dont l’intempérance franchit les bornes du tolérable (rapports pendant les règles, pratiques défendues, etc.)

On voit même des traditionalistes prétendre que les époux ont le droit de faire ce qu’ils veulent en préparation de l’acte conjugal tant que l’acte conjugal est ouvert à la vie en conclusion !

Face à cette situation, il faut absolument censurer les mauvais passages du Père Barbara (voir mon livre), que ce soit sur l’usage du mariage ou sur la vocation. Le Père Barbara donne une vision de la sexualité qui est fausse et contraire à l’enseignement des saints Docteurs. Ces derniers enseignent qu’il n’y a rien de pire pour l’âme que la sexualité (la sexualité nuit à la raison), si bien qu’il faut l’excuse de la conservation de l’espèce pour être exempt de tout péché en désirant l’acte conjugal. Quand on dépasse ce qui est nécessaire à la conservation de l’espèce, il n’y a plus d’excuse suffisante pour être exempt de tout péché même véniel.

St Thomas commente St Paul ainsi : « Dans ce sens, l’indulgence s’applique au devoir conjugal, en tant qu’il porte avec lui une faute vénielle, en raison des biens attachés au mariage, sans lesquels elle serait mortelle. » (Commentaire de la première épître aux Corinthiens par St Thomas)

St Augustin : « Garder la continence, c’est l’état le plus parfait ; rendre le devoir conjugal est une chose permise ; l’exiger en dehors des nécessités de la génération, c’est un péché véniel. » (Le Bien du Mariage)

A cause du laxisme des prêtres, beaucoup de fidèles n’ont même plus conscience du fait que le célibat même laïc est très supérieur au mariage. Le Concile de Trente est pourtant clair : il ne précise pas « le célibat consacré » mais parle du célibat en général.

« Si quelqu’un dit que l’état du mariage est au-dessus de la virginité ou du célibat, et que ce n’est pas mieux ou plus saint de garder la virginité ou le célibat que d’être uni dans le mariage ; qu’il soit anathème. » (Session 24, dixième canon)

Les prêtres d’aujourd’hui enseignent des erreurs laxistes, tandis que les prêtres d’autrefois étaient globalement bien meilleurs (voir les conférences ecclésiastiques de Paris dans mon livre par exemple) et exhortaient les époux à la continence. L’Eglise a toujours blâmé l’intempérance des époux :

Saint Bède, Docteur de l’Eglise : « L’homme marié s’abstiendra de relations conjugales 40 jours avant Noël et Pâques ; de même, les dimanches, le mercredi et le vendredi. Il s’abstiendra aussi depuis le début de la grossesse de sa femme jusqu’au trentième jour après la naissance -si c’est un garçon- ou jusqu’au quarantième jour après la naissance, si c’est une fille. De même, durant les règles. Celui qui contrevient à cette continence périodique jeûnera 40 jours ; s’il enfreint la continence dominicale, 7 jours. »

Il est grand temps que les époux qui ont usé du mariage pendant les règles fassent au moins une confession générale partielle pour réparer tous leurs sacrilèges contre le sacrement de confession et le Corps du Christ.

Daigne, Votre Excellence, agréer l’expression de ma très respectueuse considération.
/Je vous prie d'agréer, mon Père, mes sincères salutations.

Lettre ouverte aux évêques et prêtres

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