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La mission divine d'Écône

La mission divine d'Écône

L'enseignement patristique des six âges du monde et la fin des temps.


Réponse à l'Abbé François KNITTEL, FSSPX (mise à jour)

Publié par Simon ANDRE sur 10 Mars 2017, 10:00am

J'ai reçu la deuxième lettre de l'Abbé Knittel, qui me reproche de ne pas avoir fait figurer sur mon blog sa première lettre lorsque j'y ai répondu; qu'il ne m'en tienne pas rancune, car cela tient à ce que quelqu'un m'a un jour menacé de m'attaquer en justice pour divulgation de correspondance privée... C'est vous dire comme certains catholiques sont agressifs et procéduriers! Du coup, par prudence, j'avais préféré éviter de mentionner le nom de Monsieur l'Abbé et le contenu de la lettre. Bien sûr, j'ai peut-être été trop peureux, car à dire vrai, il y a peu de chances qu'une personne parvienne à attaquer en justice une autre pour des motifs si futiles. Les tribunaux sont saturés pour des affaires infiniment plus sérieuses (coups et blessures, viols, etc.), donc c'est une attitude puérile et irresponsable de menacer quelqu'un comme cela... Par charité, je m'abstiens de dire qui m'a menacé. Mais ça, ce n'est pas de la faute de Monsieur l'Abbé... Et d'ailleurs, il ne s'agissait pas d'un prêtre.

Par contre, l'Abbé Knittel m'a vraiment manqué de respect et fait preuve d'une grande présomption en me qualifiant d'autodidacte et en parlant de "thèse novatrice", car il sait très bien que je n'ai fait que citer les plus grandes autorités, et des auteurs ecclésiastiques, de telle manière que toutes les personnes honnêtes reconnaissent que j'ai raison. Des amis et d'autres personnes, célibataires ou mariées, ont apprécié mon travail, et sans forcément toujours approuver mon langage parfois trop dur, reconnaissent que j'ai raison sur le fond. Mais le respect n'existe plus tellement en Occident, et même les vieillards ne montrent pas vraiment l'exemple... Les prêtres religieux (dominicains, capucins) ne m'ont pas non plus témoigné de respect, en me faisant attendre des mois sans donner aucune réponse à une question si grave (je n'ai toujours pas de réponse). Se soucier de l'intégrité de la morale catholique est leur premier devoir. Je ne me prends pas pour un roi, mais on ne doit pas faire attendre quelqu'un tant de temps pour un problème aussi sérieux. On doit lui accorder l'attention qu'il mérite du fait de la gravité du problème qu'il soulève, sans égard à sa condition sociale et à sa position dans l'Eglise. Il en va du bien de l'Eglise. Des prêtres consciencieux corrigeraient immédiatement la Catéchèse du Père Barbara et diffuseraient ma brochure auprès des catholiques fiancés ou mariés, même âgés.

 

1ère lettre de Monsieur l'Abbé, en réponse à mon premier courrier:

"Urmatt, le 13 décembre 2016

Monsieur,

J'ai bien reçu votre brochure intitulée "Contre les erreurs du Père Barbara: l'usage du mariage dans le magistère".

Une première remarque s'impose: à part la proposition condamnée par Innocent XI et citée p.20, vous ne citez aucun texte magistériel à l'appui de votre thèse. Et le seul texte que vous citez signifie le contraire de ce que vous lui faites dire.

Une deuxième remarque suffira à mettre en échec votre thèse novatrice: l'Eglise n'a jamais déclaré peccamineux le mariage entre époux stériles ou l'usage d'un tel mariage.

Peut-être serait-il plus prudent d'abandonner la théologie en autodidacte.

Sainte fête de Noël

Abbé François Knittel"

Réponse à la première lettre de Monsieur l'Abbé:

Bonjour Monsieur l’Abbé,

En réponse à votre lettre du 13 décembre :

Contre votre première objection, je réponds que vous faites erreur, comme il est possible de le vérifier en lisant l’article disponible gratuitement sur www.torrossa.com « le Saint-Office et le probabilisme » de l’agrégé en histoire Jean-Louis Quantin. Cet article explique que les 65 propositions de morale laxiste ont été condamnées par Innocent XI à l’initiative des Lovanistes, et que les Lovanistes suivaient le « rigorisme augustinien » en « voyant un péché véniel jusque dans l’usage du mariage comme remède à la concupiscence ». Un opposant anonyme (quel courage !) aux Lovanistes était d’ailleurs allé jusqu’à répudier formellement l’autorité de St Augustin en matière de morale.

Le Pape Célestin écrivait pourtant en mai 431 (denzinger 237) : « Augustin, homme de sainte mémoire par sa vie et ses mérites, nous l'avons toujours eu en communion avec nous et jamais ne fût-ce que la rumeur d'une suspicion ne l'a atteint ; et nous nous souvenons qu'il avait en son temps un si grand savoir, qu'auparavant déjà mes prédécesseurs l'ont toujours considéré comme faisant partie des maîtres les meilleurs. »

St Augustin : « D'ailleurs, demander à une femme au-delà de ce qu'exige ce besoin de la génération, c'est violer le contrat même du mariage. On lit ce contrat, on le lit en présence de tous les témoins, on y lit cette clause : pour engendrer des enfants ; voilà ce qui fait l'essence de ce qu'on appelle l'acte matrimonial. Eh ! si ce n'était dans ce but qu'on donne et qu'on accepte une épouse, quel père oserait livrer sa fille à la passion d'autrui ? Afin donc d'ôter toute honte aux parents, afin de leur rappeler qu'ils deviennent beaux-pères et non chefs de prostitution, on lit le contrat au moment où ils donnent leur fille. Et qu'y lit-on ? Pour la génération des enfants. […] N'y a-t-il pas péché à exiger au-delà de ce qu'exige la procréation des enfants ? C'est un péché, mais véniel. » (Sermon n°51)

St Augustin : « Et s'il y a faute à se connaître, sans aucune intention d'obtenir le but du mariage, c'est-à-dire la génération, sur quoi tombe cette concession octroyée par l'Apôtre, n'est-ce pas sur le droit que prennent les époux de se demander réciproquement le devoir, uniquement pour satisfaire la concupiscence, et sans aucun désir de la postérité ? » (Traité « du mariage et de la concupiscence »)

Je vous invite à lire le chapitre VIII « que la concupiscence dans le mariage soit l'œuvre, non pas de la volonté, mais de la nécessité » du traité « du mariage et de la concupiscence » de Saint Augustin.

Il est vrai que seule la citation d’Innocent XI citée dans ma brochure appartient au Magistère, mais toutes les autres citations permettent de prouver quel est le sens de la condamnation d’Innocent XI.

Parler d’« avoir un rapport conjugal pour éviter l’adultère » témoigne d’un manque de sincérité, voire d’une certaine hypocrisie ; en effet, pour quelle raison souhaite-t-on avoir un rapport conjugal au-delà de ce qui est nécessaire à la procréation, sinon parce qu’on est attaché au plaisir vénérien ? Celui qui n’est pas du tout attaché au plaisir vénérien préférera forcément faire quelque chose de mieux qu’user du mariage, par exemple prier, puisqu’il sait que l’usage du mariage nuit à l’âme (voir St Augustin et St Thomas) et qu’il existe de bien meilleurs moyens de se préserver de l’adultère. C’est donc le plaisir qu’on recherche en définitive dans les rapports superflus, et non la fidélité. Les Pères et Docteurs ne font pas de distinction entre avoir un rapport pour le plaisir seul et avoir un rapport pour éviter l’incontinence ; ils opposent avoir un rapport pour procréer et avoir un rapport pour le plaisir sans introduire de troisième distinction fausse et hypocrite.

Contre votre deuxième objection, je réponds que la consommation du mariage n’est pas nécessaire à sa validité, et que les vieillards/les stériles qui se marient n’ont aucune obligation de faire usage du mariage, puisque les époux catholiques, quel que soit leur âge, peuvent s’en abstenir même perpétuellement d’un commun accord. Le devoir conjugal consiste dans l’obligation d’accéder à la demande de l’autre, et non de prendre l’initiative… St Paul dit (1 Co 7:5) « ne vous refusez pas l’un à l’autre », et non pas « donnez-vous l’un à l’autre ». Le mariage des vieillards n’implique donc aucune obligation de péché véniel. Par ailleurs, le mariage est un état de tolérance procédant d’une double indulgence, selon St Thomas (commentaire de 1 Co 7) : au sens du moindre bien (le mariage plutôt que le célibat) et au sens du moindre mal (le devoir conjugal plutôt que l’adultère).

En conclusion, je vous retourne le conseil d’abandonner la théologie en autodidacte, car je ne fais que suivre l’enseignement des Pères, des Docteurs et d’Innocent XI sans interprétation personnelle, tandis que vous êtes le véritable autodidacte et « novateur », en ne citant aucune autorité. Et certes, vous ne pouvez trouver aucun Père, Docteur ou Pape à l’appui de votre opinion erronée... On me cite souvent les encycliques sur le mariage de Papes du vingtième siècle, mais ils ne traitent aucunement de la question du péché véniel dans le mariage.

La FSSPX doit donc à présent se soumettre à la condamnation d’Innocent XI, censurer rapidement les passages pernicieux du livre du Père Barbara (sur l’usage du mariage, sur la vocation et sur les enfants morts sans baptême), et enseigner aux fiancés et époux la morale véritable de l’Eglise, lors des préparations au mariage, confessions, etc.

Je vous prie d'agréer, Monsieur l'Abbé, mes sincères salutations,

Union de prières,

Simon ANDRE

Réponse à l'Abbé François KNITTEL, FSSPX (mise à jour)

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